Crise au Liban : Saad Hariri arrivera en France dans les prochains jours

Depuis l’annonce de sa démission le 4 novembre en direct de Riyad, les spéculations vont bon train sur le sort du Premier ministre libanais Saad Hariri. En effet, les autorités libanaises accusent l’Arabie saoudite de retenir en captivité ce dernier. Invité à passer « quelques jours » à Paris, Saad Hariri a accepté la proposition du président français.

Actuellement en Arabie saoudite, le Premier ministre démissionnaire Saad Hariri est au cœur d’une polémique qui secoue le Moyen-Orient. Très actif dans ce dossier, le président français souhaite que l’homme politique libanais puisse rentrer dans son pays pour y « confirmer » sa volonté de démissionner. En l’invitant en France, il tente une autre solution pour calmer le jeu et se positionne en tant que médiateur.

« Je me suis entretenu avec Mohammed ben Salmane (le prince héritier saoudien, ndlr) et Saad Hariri et nous sommes convenus que je l’invitais pour quelques jours en France avec sa famille », a déclaré Emmanuel Macron hier au cours d’une visite du pavillon français de la COP23, à Bonn. Il a précisé qu’il ne s’agissait “pas du tout” d’un exil.

Pendant ce temps, le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian s’est rendu à Riyad mercredi soir pour rencontrer le prince héritier saoudien. L’entretien a duré un peu plus d’une heure, d’après l’AFP. Le ministre n’a fait aucune déclaration à l’issue de la rencontre. Il doit en principe s’entretenir aujourd’hui avec Saad Hariri.

Ce dernier a annoncé sa démission le 4 novembre lors d’une allocution télévisée depuis l’Arabie saoudite. Dans un contexte de fortes tensions, il disait craindre pour sa vie et accusait l’Iran et le Hezbollah libanais de « mainmise » sur le Liban. Le 12 novembre, Saad Hariri a toutefois assuré qu’il allait « très bientôt » rentrer dans son pays. « Je suis libre ici, si je veux voyager demain, je voyage », a-t-il déclaré à la télévision.

Depuis, la liberté de mouvement de Saad Hariri fait l’objet de spéculations entre les acteurs de la crise. Mercredi, le président libanais Michel Aoun a en effet accusé l’Arabie saoudite de détenir Saad Hariri. « Rien ne justifie que Mr. Hariri ne revienne pas après 12 jours. Nous le considérons donc comme en captivité et détenu, ce qui est contraire à la convention de Vienne » (régissant les rapports diplomatiques entre pays, ndlr), déclare la présidence libanaise dans un tweet. D’après l’Orient-Le Jour, le président libanais est satisfait de la solution d’Emmanuel Macron, puisqu’il s’agit d’un compromis entre l’exigence d’une présence physique de Saad Hariri à Beyrouth et le refus saoudien de le laisser partir.

Le chef du gouvernement libanais a plusieurs fois dénoncé les ingérences de l’Iran et du Hezbollah dans les conflits qui ravagent le Moyen-Orient, notamment en Syrie et au Yémen. Si le départ de Saad Hariri pour Paris règle provisoirement la question de la présence physique du Premier ministre, la crise n’est pas pour autant terminée. L’épisode devrait laisser des séquelles dans la région, prise en étau entre deux poids lourds, l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite.

 

Par Anouch Bezelgues le 16 novembre 2017

 

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