Se baigner dans la Seine, un rêve devenu bientôt réalité grâce aux JO

Depuis 1923, les Parisiens sont privés de baignade dans la Seine. Mais la Mairie de Paris a promis d’assainir le fleuve d’ici à 2024 pour les Jeux Olympiques. L’occasion de rendre la Seine aux Parisiens.

En 1988, alors qu’il était maire de Paris, Jacques Chirac caressait un vieux rêve, celui de se baigner dans la Seine. Plusieurs décennies après, Anne Hidalgo en a fait son cheval de bataille : en 2024, certaines épreuves des Jeux Olympiques devraient se dérouler dans le fleuve, notamment le 10 km en eaux libres et le triathlon. L’objectif affichée par la mairie de Paris est d’autoriser la baignade dans trois ou quatre sites en plein Paris pour 2024, et de les pérenniser par la suite.

La qualité de l’eau en question

Bonne nouvelle : la qualité physicochimique du fleuve s’est beaucoup améliorée ces dernières décennies et est désormais conforme à la directive européenne cadre sur l’eau (DCE) de 2000. En effet, les pollutions industrielles et issues des stations d’épuration ont été considérablement réduites. Comme le déclare Célia Bluel, adjointe à la mairie de Paris chargée du développement durable au journal Le Parisien, « la qualité de la Seine est bien meilleure qu’il y a vingt ans. La preuve : on y trouve aujourd’hui 35 espèces de poissons, contre 2 seulement dans les années 1970 ».

Ancien nageur professionnel, Laurent Neuville est membre de l’association Paris Swim, un collectif qui organise des compétitions de natation urbaine. « L’objectif est de stabiliser la qualité de l’eau, comme on l’a fait avec le bassin de la Villette (où la baignade a été autorisée cet été, ndlr). C’est tout à fait possible si on parvient à gérer les sources de contamination », affirme ce dernier. Un véritable challenge pour la mairie de Paris, puisqu’il faudra entre autres équiper deux stations d’épuration de filtres ultraviolet et mettre en place des déversoirs d’orage en cas de fortes pluies.

Et les Parisiens dans tout ça ?

Face à des villes comme Copenhague et Bâle, où l’on peut se baigner dans le Rhin, Paris semble avoir un train de retard en matière de baignade urbaine. « Depuis les années 1970, il y a une vraie prise de conscience et on retourne vers nos fleuves, qui deviennent des lieux de loisir, surtout pendant les périodes de canicule », explique Laurent Neuville. Des initiatives qui font le bonheur des citadins, en témoigne les 56678 parisiens qui se sont baignés dans le bassin de la Villette cet été. En 2019, ce sera au tour du lac de Daumesnil dans le bois de Vincennes de s’ouvrir à la baignade. Et après 2024, peut-être que les Parisiens pourront profiter des initiatives prises dans le cadre des Jeux Olympiques. « Nous pourrions alors faire revivre la Traversée de Paris à la nage, une course instaurée en 1905 », espère Laurent Neuville.

 

Anouch Bezelgues

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